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Un homme suspecté de vol se fait battre à mort à la sortie d'un dépanneur

Par NTD

Un homme suspecté de vol a été battu à mort à la sortie d'un dépanneur. 

L'incident plutôt troublant est survenu mardi soir dans le secteur d'Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.

Les policiers rapportent que l'homme qui était suspecté de vol serait sorti du dépanneur, puis trois individus s'en seraient pris à lui, le rouant de coups. 

Dès l'arrivée des policiers, l'homme aurait été transporté d'urgence dans un centre hospitalier, mais en vain. 

Dans une entrevue accordée à LCN, l'ancien sergent de la Sûreté du Québec (SQ), Jean-François Brochu, a expliqué que les trois individus responsables de l'attaque pourraient faire face à de graves ennuis avec la justice: "La légitime défense est prévue au Code criminel. On se défend d’une agression. L’auteur du vol qualifié a tenté de fuir. En principe, on doit cesser, sinon on devient l’agresseur et non plus la victime. Notre rôle de témoin ou de victime est changé."

L'homme suspecté de vol était âgé de 34 ans et ce serait mardi vers 20h45 qu'il aurait tenté de commettre un vol dans un dépanneur de la rue Nicolet, non loin de la rue Ontario.

Les trois individus, qui n'étaient alors que des témoins de l'incident, ont ensuite décidé de partir à la poursuite du voleur.

La police indique que les trois hommes étaient âgés de 37, 48 et 78 ans.

Comme le suspect avait pris la fuite et qu'il ne menaçait aucunement les trois individus qui l'ont attaqué, il sera extrêmement difficile pour ceux-ci de tenter de plaider la légitime défense. Ainsi, alors que leur position en tant que témoins les plaçait dans une situation de légitime défense, leur rôle a soudainement changé lorsque ceux-ci ont décidé de prendre l'homme en chasse.

À cet effet, l'ancien sergent Brochu ne cache pas que l'affaire sera très délicate à traiter: "La ligne n’est pas très droite entre la légitime défense et l’agression. Chaque cas est un cas d’espèce. [...] Une partie de la population va pencher pour l’agresseur et l’autre pour la victime."

Toutefois, comme l'explique Brochu, ce seront les personnes qualifiées à bien le faire qui se chargeront de trancher, c'est-à-dire les tribunaux: "Les policiers auront à analyser les vidéos du dépanneur, rencontrer les témoins et les trois hommes impliqués, prendre en compte l’autopsie qui mettra en lumière le lien entre les coups portés, les gestes posés et le décès de l’homme."

Du côté du porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Raphaël Bergeron va dans le même sens que Brochu en indiquant que le Code criminel peut autoriser un citoyen à procéder à une arrestation « dans un cas de flagrant délit », et ce, dans l'éventualité où celui-ci a été un témoin principal du crime. Or, sans condamner trop rapidement l'intervention des trois hommes, Bergeron précise qu'il est toujours mieux d'attendre l'arrivée des policiers avant que la situation n'échappe au contrôle des personnes impliquées: "Par la suite, nous comme service de police, il est certain qu'on va favoriser l'appel au 911 et l'intervention des policiers, qui sont formés [et qui ont] les outils pour procéder aux diverses interventions".

Il s’agit du 28e homicide à survenir depuis le début de l'année sur le territoire du SPVM. 

Source: Journal de Montréal

Crédit Photo: Courtoisie