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COVID-19: Les 2 mètres de distance ne seraient peut-être pas suffisants

Par NTD

Alors que les autorités sanitaires martèlent qu'il faut respecter une distance de deux mètres entre les individus pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, des chercheurs suggèrent qu'il serait possible de contracter la COVID-19 même en respectant cette distance. 

« Il ne faut pas penser qu’à deux mètres, toutes les particules pouvant contenir le virus sont tombées par terre. C’est assez arbitraire comme valeur », a déclaré à La Presse Geneviève Marchand, microbiologiste, biochimiste et chercheuse en prévention des risques chimiques, biologiques, mécaniques et physiques à l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

Des chercheurs de l’Université Western, en Ontario, ont créé une « chambre de toux » dans une pièce fermée pour analyser la propagation des gouttelettes d'une personne qui tousse. 

« Même à une distance de deux mètres et demi, on trouve encore 10 % des gouttelettes émises », a expliqué à La Presse Eric Savory, professeur au département de génie mécanique et des matériaux à l’Université Western.

On ignore toutefois la microbiologie du virus de la COVID-19 qui se cache à l'intérieur de ces gouttelettes, combien de temps le virus peut y survivre ou encore la quantité de virus nécessaire pour infecter une personne. 

Une personne qui tousse pourrait projet entre 1 000 et 300 000 particules dans l'air, d'après Eric Savory. Geneviève Marchand estime quant à elle leur nombre à des « millions ». 

Si les plus grosses particules sont attirées par l'attraction terrestre, les plus petites soulèvent encore la controverse, car elles peuvent rester dans l'air plusieurs secondes et « voyager considérablement » selon La Presse. 

 Des chercheurs belges et néerlandais affirment qu'un joggeur qui court à 14 km / h pourrait projeter des gouttelettes jusqu'à 10 mètres derrière lui. 

« Dans le contexte d’incertitude actuelle, je plaide corps et âme pour le principe de précaution », a expliqué Geneviève Marchand. 

Alors la distance de deux mètres est-elle efficace? 

« Elle peut être bonne dans certaines situations, si on a beaucoup de ventilation et qu’on n’a pas beaucoup de gens qui émettent. Mais dans des endroits très peu ventilés, peut-être que ça peut être un peu faible », a expliqué Geneviève Marchand. 

Eric Savory croit pour sa part que c'est un « bon compromis entre mitiger la propagation de façon spectaculaire et nous permettre de faire encore des choses de la vie quotidienne, comme aller à l’épicerie ».

Source: La Presse · Crédit Photo: Adobe Stock